Le 10 janvier

Baiser de Simon et Jessica dans la piscine, 2001

« Pour moi, prendre des photos, c’est comme toucher quelqu’un – c’est une forme de tendresse. »
Nan Goldin

Nan Goldin (1953)

Nan naît à Washington en 1953 ; elle quitte sa famille très jeune. Ses premières photos, en noir et blanc, sont consacrées à son entourage : reflet de la société, mais aussi portraits psychologiques. Le suicide de sa sœur la bouleverse et rompt l’équilibre familial : Goldin se tourne vers ses amis et la vie des noctambules qu’elle photographie « pour ne pas les perdre, pour fixer la vie, et sauver la mienne », écrit-elle.
En 1973, elle se lance dans la couleur, suit des cours et utilise le flash de jour comme de nuit. Sans tabou, Goldin saisit des instants de relations sexuelles, de masturbation, de corps battus –y compris le sien- et organise des soirées diapos et musique dans le bar où elle travaille. Ses modèles sont souvent des gays ou des lesbiennes, des travelos. Lucidité, courage et compassion lui permettent de photographier des amis atteints du sida, et cela jusqu’à leur mort. Son regard et la relation privilégiée qu’elle établit avec les gens dissipent toute impression de voyeurisme ; Goldin ne choque pas. Ses dernières œuvres, qui comptent quelques paysages, semblent moins marquées par la cruauté de la vie et sont plus douces.


Jimmy Paulette et Taboo I dans la salle de bain (photo Photostream)


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