Le 23 novembre

Et puis nous vîmes la sœur du Minotaure, 1953 (photo Disinformation.com)

« Les peintres ne font pas exception au triste état de l’humanité d’aujourd’hui. Ils peignent des tableaux « inconscients », des œuvres qui parfois transmettent l’état magique mais c’est purement accidentel, et les sorts projetés par ces œuvres sont aussi distincts de leur volonté que leur confuse sensation de « créer ». […] C’est seulement dans l’étrange océan magique que l’être peut trouver la salvation pour lui-même et pour sa planète malade.
Réponse à André Breton, Leonora Carrington 1957

Leonora Carrington (1917-2011)

Née dans une famille d’industriels anglais, Leonora se lance jeune dans la peinture. Éperdument amoureuse de Max Ernst, Carrington s’installe avec lui en Ardèche et le couple accueille la bande des surréalistes. Désespérée par l’arrestation de Ernst au début de l’Occupation, Carrington gagne l’Espagne, mais la gravité de sa dépression entraîne un internement en hôpital psychiatrique. Rapidement elle s’enfuit au Mexique où elle demeure jusqu’à la fin de sa vie.
Son travail révèle une évolution régulière, la femme et l’artiste apprenant peu à peu à se connaître : ses premiers tableaux sont nourris de contes de fées, chers à l’enfance, et de récits bibliques, puis ses œuvres acquièrent la maturité de la vie –souffrances amoureuses, expérience de la dépression-, elles s’inspirent de mythologie et reflètent la prise de conscience d’appartenir à un ensemble cosmique. Ses tableaux présentent un monde magique et sensible où l’instinct l’emporte sur l’intelligence et où les animaux, comme le cheval, guident l’artiste.
Ses nombreuses expositions remportent un grand succès ; elle écrit également deux romans et deux pièces de théâtre ainsi que des nouvelles.


Autoportrait, 1936-37 (photo Leninimports.com)


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